Commando Parachutiste Air n° 20




Remise de Décoration CPA 20

Le commando parachutistes de l’air n°20 (CPA 20) a distingué trois de ses membres lors d’une cérémonie organisée sur la base aérienne de Dijon le mardi 24 novembre 2009.

Un sergent-chef et un caporal ont été décorés de la Valeur militaire au titre de missions de guidage d’aéronefs réalisées en Afghanistan. Le troisième commando, un caporal-chef, a reçu la médaille d’or de la Défense nationale, à la suite d’une mission de récupération d’un équipage d’hélicoptère italien écrasé au sud-est de Kaboul, en août 2007.

Cette cérémonie s’est déroulée en présence de nombreux anciens du CPA 20 et d’autorités militaires, dont le colonel Philippe Tannou, commandant la Brigade des Forces de Sécurité et d'Intervention (BAFSI) et le colonel Bruno Paccagnini, commandant la base de Dijon.

Au terme de la cérémonie, la nouvelle salle d’honneur du CPA 20 a été inaugurée. Ce lieu de mémoire retrace l’histoire de l’unité depuis sa création en 1956. Depuis août 2008, le CPA 20 a quitté la base de Villacoublay en région parisienne pour celle de Dijon.





Opération de "Personal Recovery" en Afghanistan


Un EC 725 Caracal

Le mardi 21 août 2007, deux EC 725 Caracal avec à leur bord un module de récupération et de sauvetage des Commandos Parachutistes de l’Air (CPA 20) ont effectué l’évacuation d’un équipage italien après le crash accidentel de leur hélicoptère dans la région de Kaboul.
L’opération a été déclenchée à 10 h 00 et s’est achevée cinq heures plus tard.
Sept passagers ont été recensés sur le site du crash, dont deux blessés.
Les équipages ont été éprouvés par la mission, rendue délicate par le relief montagneux et la nécessité d’effectuer plusieurs liaisons pour déposer les blessés.
Il s’agissait là de la première PR (« personal recovery » : récupération de personnel) effectuée sur le théâtre d’opérations Afghan.


L'épave de l'hélicoptère Italien



Au rythme fou des Caracal

Opérations en Afghanistan. En mission avec les hélicoptères et les Commandos de l’Air.


Frédéric Pons, le 04-12-2008 - Valeurs Actuelles
Toutes portières ouvertes, à 250 à l’heure, le Caracal avale les kilomètres, à cinq mètres du sol. L’appareil effleure les arbustes rabougris et les éboulis fauves, bascule d’un col à l’autre, plonge et se redresse. L’équipage semble jouer aux montagnes russes. «On vole vite et bas pour éviter les tirs d’insurgés, me dira plus tard le commandant Éric (pour des raisons de sécurité, les patronymes ne sont pas divulgués), 36 ans, pilote. Ils nous voient au dernier moment et on passe trop vite. »


Deux commandos de l’air, accrochés aux mitrailleuses Mag 58 de sabord, scrutent le sol. À leurs pieds, trois caissons de 1 000 cartouches. Un autre tireur d’élite est assis sur le marchepied, les jambes dans le vide. Sanglé avec son fusil de précision FRG2, il observe sans relâche les rochers, les ravins, les hameaux. Le souffle froid qui s’engouffre est encore supportable. Bientôt, l’air sera glacial : « Avec le vent, le guetteur de portière devra encaisser – 25° ou 30 °C en dynamique », prévient le capitaine H., ancien professeur d’éducation physique, patron des douze commandos de l’air envoyés par le CPA20 de Dijon.

Ces équipages sont engagés tous les jours, sous la menace permanente des tirs adverses, dans la chaleur torride en été, le froid rigoureux en hiver. Commandant du détachement hélicos (3 Caracal et 54 aviateurs, 2 Gazelle et 21 “terriens”), le lieutenant-colonel Ludovic, 40ans, détaille ses quatre priorités : « Les évacuations médicales, le transport tactique, la recherche et le recueil, la reconnaissance. » Les deux Gazelle Viviane placées aux ordres du commandant Frank, 43 ans, 5 600 heures de vol, font du renseignement : « Le dispositif Viviane nous permet de détecter jusqu’à 8 kilomètres par voie thermique et 6 kilomètres en optique. »

Sur ce terrain montagneux, le Caracal est la bête de somme idéale. Puissant (deux fois 2 400 chevaux,avec une allonge de cinq cents kilomètres), il craint moins l’altitude que d’autres machines. Commandant l’escadron Pyrénées basé à Cazaux, Ludovic, un Lyonnais chaleureux, 3 500 heures de vol, se sent en confiance : « On peut monter à 5 000 mètres et nos machines restent opérationnelles à 6 000 mètres. »

La capacité d’emport du Caracal (11 tonnes) se double d’une possibilité unique sur le théâtre : le pilotage automatique,en vol statique,assuré par le mécanicien treuilliste. L’atout est précieux sur les terrains accidentés ou dissimulés par la poussière qui privent le pilote de toute visibilité. Il a permis aux Français de récupérer 7 Italiens coincés dans un précipice,après le crash de leur Agusta Bell 212.

Au prix d’horaires fous, la douzaine de mécaniciens de l’armée de l’air garantit aux Caracal une disponibilité opérationnelle de 90 % (75 % en France), pour une moyenne de 40 heures de vol par mois. «Notre contrat est de décoller sur alerte en moins de vingt minutes, précise Ludovic. On a toujours fait moins ! » L’un de ses mécanos, passionné par son métier, sourit : «L’avion du samedi est celui du Père Noël. Il apporte les pièces de rechange. »

Lors du déclenchement de l’embuscade du 18 août, les Caracal étaient affectés à une autre mission. Engagés à 17 h 55, ils ont opéré en continu jusqu’au lendemain 14 h 10, réussissant à acheminer 89 soldats et 4,2 tonnes de fret, à évacuer 23 blessés et 11 dépouilles. «Cet été, c’est vrai, on a fait face à un vrai déficit en machines, soupire un officier, mais on connaissait la faiblesse du parc en France. » Le regain de pugnacité des insurgés a entraîné le renforcement effectif en octobre, avec l’arrivée du troisième Caracal et des deux Gazelle.

Sur ce terrain, face à un tel adversaire, notre armée redécouvre les qualités opérationnelles du couplage hélicoptères- infanterie. Elle avait déjà expérimenté ce type de combat pendant la guerre d’Algérie. Nos hélicos en avaient rapporté une devise, toujours d’actualité en Afghanistan : “Combattre et sauver”.