Air Raid 2008


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Air Raid 2008





Du 4 au 6 avril, l’édition 2008 de l’exercice Air Raid s’est tenue sur la base aérienne 123 "Commandant Charles Paoli" d'Orléans. Une cinquantaine d’équipes mixtes (personnel d’active et de réserve) ont participé à cet exercice multinational et interarmées.

Cette année des équipes en provenance du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni, d’Italie et d’Allemagne se sont déplacées.

Les épreuves se sont déroulées de jour comme de nuit. Épreuves de franchissement, parcours commando, courses d’orientation, séances de tir et questionnaires sur l’Otan et l’Union Européenne étaient au programme.

Au bout de la nuit, au bout de l'effort pour 180 combattants aguerris

Le ciel est clair, mais sans lune, au-dessus de l'aérodrome de Saint-Denis-de-l'Hôtel, et les températures restent frisquettes en ce début de soirée, vendredi. Pas vraiment le temps idéal pour passer une nuit à crapahuter dans la forêt. Et encore, s'il ne s'agissait que de cela ! Pourtant, ils sont bien là, à la descente de quatre Transall, qui ont décollé vingt minutes plus tôt de la base aérienne d'Orléans-Bricy : 180 militaires, réservistes et en activité, venus des quatre coins de la France, et bien au-delà puisqu'on compte dans les rangs des Américains, des Canadiens, des Anglais, des Allemands, des Italiens. En dehors du treillis, des rangers, et du paquetage réglementaire, ils ont un point commun : ne pas du tout savoir ce qui les attend une fois l'avion posé sur le tarmac. Seule certitude : ils vont en baver ! Bienvenue au « Air raid 2008 ». Âmes sensibles, s'abstenir.



« Tais-toi, laisse-toi faire, c'est moi qui commande ici »

Pour ces 180 « combattants », répartis par équipes de quatre (mixtes parfois), tout commence par une « petite » marche commando de 8 km pour rejoindre, au pas de course, la commune de Donnery. Un simple échauffement. Alors qu'ils arrivent à intervalles réguliers au lieu indiqué, le scénario mis en place pour « resserrer les liens entre les réservistes et les personnels d'active, mais également entre les différents pays », selon le commandant Dominique Montiel, gagne d'un coup en intensité.

Les petits groupes sont soudainement pris en otage par de véritables Fusiliers-Commandos, encagoulés et bien déterminés à jouer leur rôle sans mollesse. « Tais-toi, laisse-toi faire, c'est moi qui commande ici », hurlent les preneurs d'otages. Mains liées, bandeau sur les yeux, les dits « otages » prennent place, résignés et en silence, les uns après les autres, dans un bus. Les repères vacillent, le stress monte. Direction la forêt de Chanteau pour une course d'orientation de quatre heures environ. La nuit s'annonce longue.

Il est seulement 21 heures quand les premiers otages sont libérés et « lâchés » à Chanteau, en pleine nature. Nuit noire. « Physiquement, on a bien tenu le coup, mais c'était dur techniquement avec cette nuit sans lune et le terrain très boueux. On a zappé quelques balises que l'on devait ramener pour rester dans les temps », commente François, 39 ans, gendarme en activité. À ses côtés, Philippe, Joël et Laurent, gendarmes également, venus à Orléans pour « faire de leur mieux et trouver une place dans les dix ». Ils termineront cette course en 3 h 50.

Jusqu'au bout de la nuit, les quarante-cinq équipes engagées vont ainsi sillonner la forêt de Chanteau à la recherche de ces fameuses balises que la nuit et le terrain accidenté rendent difficilement visibles. Les derniers regagneront la base de Bricy vers 7 heures du matin. Juste le temps de boire un café et de repartir pour une série d'épreuves destinées à tester, derechef, les capacités physiques des concurrents, mais également leur culture générale sur des sujets tels que l'OTAN,
l'Union européenne, les nouvelles technologies en terme d'armement. « On vit ce raid comme un défi physique, personnel, pour connaître nos limites. C'était plus difficile qu'à Reims, l'année dernière. Mais tant mieux, c'est plus intéressant aussi, car on a vu des choses différentes, on a été confronté à des situations très diverses, en état de stress », confie André, venu de Mont-de-Marsan (Landes) avec trois compagnons d'arme, dont Jean-Michel, 42 ans, ancien commando de l'air.
« Exercice difficile, mais très approprié, pas facile à gérer quand on est largué dans un endroit que l'on ne connaît pas », poursuit ce dernier. Faire vivre les valeurs de l'effort, du courage et de la solidarité, tisser les liens entre les actifs et les réservistes, les jeunes et les plus âgés, telle est la véritable vocation de ce raid tout autant sportif que militaire. Et au bout de l'effort, plus qu'un trophée, le sentiment d'avoir repoussé ses limites, un peu plus loin encore.