Epervier

Au cœur d’un exercice de recherche et de sauvetage d’un pilote

Du lundi 14 au mardi 15 décembre 2009, la force Épervier a conduit un exercice SAR («Search and Rescue» ou recherche et sauvetage) de grande échelle au Tchad.

Un scénario réaliste avait été établi, simulant l’éjection d’un pilote d’un avion de combat monoplace de type Mirage F1 CR dans une zone désertique, au Nord d’Ounianga-Kébir (Tchad) à environ 800 kilomètres au Nord-Est de N’Djaména.

Dès le signalement de la disparition, un PC crise a été constitué à l’état-major interarmées.

Mardi, 07h45 – A terre, une section du détachement de protection a été mobilisée pour mettre en place un périmètre de sécurité autour de la zone de crash pendant que l’équipe médicale, également transportée par Puma EVS (évacuation sanitaire), prend médicalement en charge le pilote éjecté, puis l’évacue au centre médico-chirurgical de la base aérienne Kosseï.

Durant 48 heures, cet exercice a mobilisé un ravitailleur C135, deux Mirage F1 CR, un C160 Transall , un CASA de passage à N’Djaména, deux hélicoptères PUMA et des militaires du groupement terre, du service des essences des armées, du service médical et du détachement de protection.





La scène se déroule au Tchad. Au nord d’Ounianga-Kébir, à environ 800 kilomètres au nord-est de N’Djaména, un exercice de sauvetage aéroterrestre (SATER) simule l’éjection d’un pilote de Mirage F1 CR dans une zone désertique. Voyage au cœur de cette opération.

16h00, lundi 14 décembre 2009. L’éjection est vitale. Le pilote de chasse actionne la poignée. Il ne reprend ses esprits que vingt minutes plus tard et ressent une douleur intense à la cheville et au dos. Un Mirage F1 CR tourne au-dessus de sa tête. Il s’agit de son équipier qui tente de le localiser mais n’y parvient pas. Sans aide de la part du pilote au sol, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Il commence par allumer sa balise de détresse et grâce à la petite radio « PRC112G », il établit un contact radio et transmet ses coordonnées précises à son équipier. Alors que ce dernier met le cap sur lui, il l’illumine à l’aide de son miroir de sa poche. S’engage alors, par radio, un dialogue pour fournir les informations nécessaires aux équipes en charge de sa récupération et du traitement de l’épave (coordonnées du pilote et de l’épave, état de santé, raisons de l’éjection...).

16h30 : l’équipier du pilote éjecté passe le relais à l’avion ravitailleur, un Boeing C135 qui, jusque-là tournait au-dessus de la zone. Le pilote utilise son stylo lance-fusée pour aider le repérage et guide l’équipage du C 135 par radio. Après deux passes de reconnaissance, ce dernier largue l’équipement de survie, appelé « chaîne SATER » qui aidera le survivor à tenir jusqu’à l’arrivée des secours, après une nuit dans le désert.

05h30 : Le jour s’est levé. Un C160 Transall survole le pilote une première fois, puis largue des parachutistes au deuxième passage. 1,2,3,4,5,… 16 voiles ponctuent le ciel. Pieds à terre, les parachutistes se divisent en deux groupes. Le premier se dirige vers l’épave pour sécuriser la zone et récupérer la boîte noire. L’autre groupe met le pilote à l’abri pour établir un bilan de santé rapide et lui poser une attelle de fortune.
Un C160 Transall largue une citerne de carburant pour les hélicoptères qui approchent. Dès leur arrivée, l’équipe médicale embarque le blessé sur une civière. Après avoir fait le plein, les Puma emmènent le pilote sur le terrain le plus proche pour le transférer par Transall vers le centre médico-chirurgical de la base de Kosseï.

Texte : LTT Sabrina Pawlak

Source: Armée de l'Air