Aspirant André Zirnheld







André Zirnheld (7 mars 1913 - 27 juillet 1942) est un parachutiste Français, membre des Forces Aériennes Françaises Libres, au French Squadron du Special Air Service pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est célèbre pour avoir été le premier Officier Parachutiste Français tué au combat, et comme auteur du poème la Prière du Para.
André Zirnheld est né à Paris le 7 mars 1913. Il est licencié et diplômé d’études supérieures de philosophie, et nommé en 1937 professeur de philosophie au lycée Carnot de Tunis. En octobre 1938 il est affecté comme professeur au Collège de la Mission Laïque Française à Tartus, en Tunisie.
• Compagnon de la Libération - décret du 1er mai 1943
• Médaille Militaire
• Croix de Guerre 39/45 avec 2 palmes
• Médaille de la Résistance avec rosette







Prière du Para



Christian Bernachot est le créateur de la version chantée de "La Prière du Para".....

Voici la lettre qu'à écrit Christian Bernachot  en réponse à une  demande de la Promotion Zirnheld sur cette création. 

Ce document a été écrit pour la 4 éme Promotion de l'Ecole Militaire Inter Armes qui en est propriétaire. Cette Promotion qui porte le nom d' André ZIRNHELD, est la plus ancienne à avoir un site internet. Je remercie ses responsables qui  m'autorisent  à le diffuser.

Cher Camarade,
Bien reçu votre courrier du 5 Janvier (2008). Votre démarche ravive d'anciens souvenirs mais elle me touche et m'honore. Aujourd'hui encore je reste très étonné que le chant "La Prière" si sommairement improvisé soit aussi ancré dans les traditions de notre École.
Enfin, voici comment et pourquoi j'ai été amené à le créer.

1°) Nous sommes en Septembre 1961, nous intégrons Coëtquidan après avoir été admis par concours à l'ESMIA. Le journal officiel publie cette intégration en Juillet ou en Août.
Or après notre arrivée à Coët nous apprenons qu'étant issus des Corps de Troupe nous serons désormais séparés des élèves issus du concours direct. Nous constituons une autre École: l'E.M.I.A.
Cette décision nous atterre mais notre réprobation ne reçoit aucun écho auprès de la hiérarchie totalement tétanisée par l'atmosphère délétère qui empoisonne l'Armée du fait du drame algérien.
Par ailleurs l'époque n'est pas aux recours devant les juridictions compétentes pour annuler une telle décision.

2°) 1961 Le processus du retrait de l'Algérie est bien envisagé, le putsch des généraux à eu lieu en Avril, l'O.A.S. nourrit la révolte et a ses ramifications en métropole dans les milieux officiers activistes.
Issus des corps de troupe nous avons tous été confrontés, à des degrés divers, à cet effroyable histoire. Pour ceux qui comme moi, ont servi dans des unités d'intervention (10° et 25° D.P.) tous les repères sont écroulés. Certains chefs que nous vénérions sont mutés, quittent l'Armée ou sont contraints à démissionner.

3°) Dans ce climat épouvantable, mais après avoir été nourris des traditions de Saint-Cyr pendant notre année préparatoire à Strasbourg au PPESMIA, notre promotion se retrouve à Coëtquidan nue comme un ver. Rien n'est prévue pour elle, pire même,
nous sommes tout de suite parqués dans des bâtiments vétustes du vieux camp, très à l'écart de nos camarades de l'E.S.M. Bref, pour ne pas être trop long, je passerai sur tous les détails de cette désillusion mais elle fut énorme et particulièrement frustrante et vexatoire.
Sur le plan traditionnel , bien sur, c'est le néant. Rien n'est prévu à part une remise de drapeau de l'Ecole programmée pour la fin du 1° trimestre.
Un soir, dans la chambre, devant quelques camarades je me suis mis à fredonner sur l'air de "Marengo" (marche consulaire) les quelques paroles du superbe poème de Zirnheld dont je me souvenais pour l'avoir lu quelque part à la Brigade de Parachutistes Coloniaux.
Cet arrangement totalement improvisé (je ne disposais ni du texte de cette prière, ni de la musique de Marengo) me semblait spontanément illustrer nos états d'âme perturbés par les deux traumatismes que je viens d'évoquer.
1°) Perte des traditions napoléoniennes de Saint-Cyr (illustré par cette musique de la marche de Marengo).
2°) Esprit para (illustré par cette prière de Zirnheld) si dénigré en raison du drame algérien.
Les quelques camarades de chambrée qui m'écoutaient sont séduits par cette improvisation. Ils se décident de l'écrire en l'état pour la proposer au commandement comme premier chant de tradition.
Le Chef de Bataillon VERGUET qui commandait l'E.M.I.A. nous reçoit le lendemain dans son bureau. Officier parachutiste glorieux du 1° R.E.P. il est enthousiasmé par ce chant qu'il écoute avec une réelle émotion ...c'était parti: ce chant sera dès lors interprété à toutes les occasions qui en offriront l'opportunité. A partir d'une bande magnétique d'un vieux magnétophone je procède à la réalisation d'un petit disque (vous en trouverez ci-joint la pochette).
En Juillet 1962 je me rendais à Paris chez Madame la Maréchale de Lattre de Tassigny pour obtenir une dédicace....

Cependant, je crois pouvoir affirmer que cette prière s'intégrera vraiment dans les traditions de l'E.M.I.A. que quelques semaines plus tard lorsque à l'occasion de la grande cérémonie nocturne organisée pour la remise de nos épaulettes de Sous-Lieutenant, ce chant sera interprété sur le Marchfeld par toute la promotion et magistralement accompagné par la centaine de musiciens de la Musique des Troupes de Marine.
Ce fut sans aucun doute un grand moment.
Voilà mon cher camarade, l'essentiel de ce que je crois pouvoir raconter sur la création de cette prière. Encore une fois merci de m'avoir donné l'occasion de le faire.


Bien cordialement à vous.
Signé Christian Bernachot.








La carrière de Christian Bernachot :

1956-1957: Engagé volontaire à la 1° Demi-Brigade de Parachutistes Coloniaux. à Bayonne.
1957-1960: Guerre d'Algérie au 2° R.P.I.Ma.
1960-1961: Instructeur à Bayonne puis élève à l'Ecole Militaire de Strasbourg.
1961-1962: Élève officier à l'E.M.IA. Coëtquidan.
1962-1963: Officier élève à l'Ecole d'Application de l'Infanterie à Saint-Maixent.
1963-1969: 2° R.E.P. en Algérie (Bou-Sfer) puis en Corse (Calvi).
1969-1975: Instructeur et Commandant de Compagnie à l'E.T.A.P. à Pau.
1975-1985: École Interarmées des Sports (Bataillon de Joinville). Directeur du parachutisme sportif dans les armées et de l'équipe de France.
1985-1988: Directeur Technique National du Parachutisme en position de détachement auprès du Ministère de la Jeunesse et des Sports.
Il demande à bénéficier de l'article 5 en 1988.

Il se retire à Saint Denis de la Réunion où il devient président d'un club de randonnée.
Violoniste amateur de haut niveau il dirige un groupe musical très connu dans l'ile.
Christian Bernachot est également le Président de sa promotion.



Album Photo de l'hommage rendu par l'UNP  à l'Aspirant Zirnheld. 
source ©UNP2007
UNP Cérémonie André Zirnheld 17.11.2007

Carnet d'A. Zirnheld, montré par son neveu Jean Michel Zirnheld
à des Para UNP lors d'une cérémonie le 17.11.07 au
cimetère des Batignoles.


Aspirant André Zirnheld,
Parachutiste de la 1ère Compagnie d’Infanterie de l’Air et son ‘’French squadron ‘’ des Forces Aériennes Françaises Libres intégré aux premiers S.A.S du Major Stirling à Kabrit (Egypte).
Compagnon de la Libération à titre posthume ;
mort le 27 juillet 1942 dans le désert de Lybie.

Il succomba à ses blessures après le raid victorieux sur Sid-Hanneish avec David Stirling et la destruction de 35 avions de combat ennemis. Avant de recouvrir son corps de pierres dans le désert de Tripolitaine, ses camarades découvrirent, dans ses papiers, cette bouleversante prière qu'il avait écrite et qui a fait le tour du monde.

Sa tombe au Cimetière des Batignolles, photo vue sur le
Forum UNP.



     Dés le lendemain de la signature de l'armistice, André Zirnheld quitte Beyrouth ou stationnait son unité, franchit la frontière Libano-Palestinienne, rejoint le premier groupe de Français de l'Armée du Levant du capitaine Folliot, qui a choisi de continuer la lutte et va combattre avec eux, ceux du 1er

B.I.M., sur le front du Cyrénaïque, dés le mois de septembre 1940. Au début de 1941, il devient l'adjoint de Georges Gorse, directeur du Service de l'Information et de la Propagande, au Caire. En mai 1941, il effectue le stage des élèves-officiers à l'Ecole des Aspirants de Brazzaville. A l'issue du stage, il demande son affectation à la 1ère compagnie, qu'il rejoint le 22 mars 1942.


    André Zirnheld  a immédiatement séduit ses nouveaux compagnons Français et Britanniques. Professeur de philosophie, sa haute idée de l'homme lui assurait une autorité morale incontestée. Il succomba à ses blessures après un raid victorieux sur Sidi Anneisch avec David Stirling et la destruction de 35 avions de combats ennemis.

    Avant de recouvrir son corps de pierres, dans le désert de Tripolitaine, ses camarades découvrirent, dans ses papiers, cette bouleversante prière qu'il avait écrite.

    Cette Prière est devenue celle de toutes les Unités Parachutistes.

    Ecrite à Tunis le 1er avril 1938 par ce jeune philosophe qui prônait l'Action et la Lutte mais demandait aussi, humblement, la Force et la Foi, elle ne fut connue que le jour ou le Général Valin  en donna lecture à la BBC, le 13 janvier 1943, en pleine guerre.

    A travers le monde, tous les volontaires prêts à verser leur sang pour leur idéal y puisèrent Inspiration et Exemple. Sa mort comme Parachutiste du S.A.S. fit de ce poème le texte sacré que ses camarades dédient à leurs disparus. Il devint alors "La Prière du Para", texte qui exalte tous ceux pour qui la vie est un combat, tous ceux qui, conscients de leurs faiblesse, cherchent plus haut le Courage qui leur permettra de la dominer et fera d'eux des Hommes.


Philippe AKAR, "Parachutiste au 3ème S.A.S."