Escadron d'Evaluation et d'Intervention


E.E.I.



- En 1965, l’Escadron des Commandos de l’Air reçoit la mission de former le personnel chargé de la protection des installations des forces nucléaires. Après quatre années, il apparaît nécessaire de tester l’efficacité des dispositifs de protection mis en place. Ainsi, en 1969, l’Escadron d’Evaluation et d’Intervention (EEI) est mis sur pied et est implanté sur la base aérienne 726 de Nîmes-Courbessac. L’EEI devient Escadron de Protection et d’Intervention 11.301 (EPI 11.301) en 1979.

Escadron d’Evaluation et d’Intervention
02-1969 à 08-1969 Ltt Vinciguera
1969 à 1973 Cne Catalifau
1973 à 1974 Ltt Donate
1974 à 1976 Cne Keryhuel
1976 à 1979 Cne Lassalle

EEI Commando 30 - 1978 photo "Philippe Baucheron"


EEI - 1975 "Daniel Malin"


EEI - 1975 - Marche dans les Garrigues "Daniel Malin"


EEI - 1977 - Djibouti "A. Fritsch"


Rappel Hélico à l'E.E.I. par Bernard LION

Le rappel hélico version 1977 au Commando 10.

Le rappel hélico fût mis au point pour la Saint Michel 1977 qui eut lieu le 30 septembre en présence sur Général Saint Cricq.

A l’époque je me trouvais au stage ESOR et le commandement (le Cne C….a je crois) me demanda si je pouvais restituer ce que j’avais appris dans la Marine dans le domaine du rappel hélico. Bien que les commandos marines utilisaient des H 34 et que je n’avais jamais équipé d’appareil, je relevais le défit.

Le personnel fut sélectionné par le Sgc BIBI au sein du commando 10, sur volontariat et pour ses qualités de sang froid, rigueur et goût du risque.

La technique fût mise au point sur le vieux portique situé à côté du départ du parcours du combattant en zone sud, ce même portique qui supporta ensuite le harnais suspendu pour l’entraînement para.

La descente s’effectuait « à l’italienne » ou « au mousqueton », à l’aide d’un simple slip en sangle américaine et une ceinture plus large en haut (bien visible sur le soldat en premier plan de la photo de groupe).

La corde était un rappel de 60 mètres en 11 m/m fixée au plancher à l’aide de deux nœuds de 8 et mousquetons, renvoi sur la potence puis le montant du treuil pour la verticale.

Pour équiper le personnel, celui-ci devrait se mettre les jambes à l’extérieur de l’appareil et être pratiquement couché sur le dos (en fait légèrement appuyé sur sa musette). Je prenais donc les cordes venant du montant du treuil, les passaient dans les deux mousquetons, épaule gauche, diagonale dans le dos pour revenir dans la main droite. Après vérification, je lui faisais OK d’un signe du pouce, il se mettait en position assise et se tournait légèrement pour se retrouver dans le vide.

La descente devait s’effectuer à vitesse régulière avec un freinage à partir de 10 mètres du sol. Le chef de groupe (Sgc BIBI) partait le premier, suivait les soldats, ensuite je m’équipais seul (emportant en plus l’AA 52) les cordes étant remontées par le mécano navigant.


Les dangers :
- Pas d’assurance possible, les consignes étaient: En cas de perte de puissance des moteurs: … couper les cordes immédiatement.
- Brûlure dans le cou si la corde sautait,
- Bascule vers l’arrière et risque de tomber la tête en bas, du fait que le slip ne nous tenait pas le dos et les épaules, voir photo N° 2 où l’on voit bien le poids de l’AA 52 me tirer vers l’arrière. Ce problème sera réglé en 1978 avec l’achat de harnais complet (voir photo de groupe) les mousquetons ressortant entre deux boutons de la veste, en lieu et place du ceinturon (mis à l’occasion de la photo).


Equipement :
-Tenue de combat casque lourd (avec chambre à air découpée).
-Veste matelassée temps froid (son col est visible sous ma veste et celle du soldat qui est à ma gauche sur la photo de groupe) pour éviter les brûlures dans le dos.
-Feutre issu des caisses de grenades au niveau du cou, toujours pour éviter de se brûler.
-Gant crispin pour se protéger des mains.

Le rappel de la Saint Michel s’est effectué à une hauteur de 40 mètres, les photos 1 et 2 ont été prises ainsi qu’un reportage diffusé sur FR 3 région de l’époque.

D’autres entraînements auront lieu, une démonstration à Salon (photo de groupe) avec les harnais complets, mais où nous aurons une brûlure de la gaine sur les cordes de rappel.
Nous avons trouvé la solution via le GIGN qui avait eu les mêmes problèmes et qui utilisait dorénavant des cordes spéléo avec âmes et gaines tressés ensemble.


Cette technique pourtant ensuite parfaitement maîtrisée fut abandonnée en 1979.
Amicalement à tous.

Bernard LION